Plussulien, une « World Company » en Bretagne

Grâce à l’étude des roches mises en œuvre pour fabriquer les lames de hache et en tenant compte du degré d’exclusivité d’une roche donnée dans une région donnée et de l’aire couverte par sa diffusion, il est possible de distinguer 3 types de productions :

1 – Des productions de haches qui ne sont pas ou peu diffusées.

2 – Des productions non utilitaires diffusées en petit nombre mais sur de grandes distances (voir l’article sur la diffusion des haches Alpines)

3 – Et des productions qui tendent au monopole sur au moins plusieurs dizaines de kilomètres autour de leur source et qui peuvent être largement diffusées sur plusieurs centaines de kilomètres

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C’est le cas par exemple des haches en métadolérites du « type A » de la carrière de Plussulien en Bretagne. Ce site a été découvert en 1964 par C.T. Le Roux dans le village de Sélédin dans les Côtes-d’Armor.

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C’est un véritable complexe d’extraction qui couvre plus de 50 hectares et a été exploité entre -4000 et -3000 avant notre ère (pour reprendre de façon plus réduite vers -2500 ans afin de fabriquer des bipennes et des haches marteau très en vogue à cette époque).

La diffusion de ces haches au 4°millénaire dépasse de loin la Bretagne pour aller principalement de la Gironde au confluent seine-Oise. Mais on en retrouve aussi à de très longues distances (Belgique, Sud de l’Angleterre, Danemark et peut être jusqu’en Pologne). Leur rôle est utilitaire mais certaines de forme Bégude semblent associer à une valorisation sociale.

Pour la Bretagne et jusqu’à 150 kilomètres à l’Est de la carrière, on a longtemps cru que 50% des haches en roches tenaces étaient issues de Plussulien (basé sur une étude pétrographique de 3 000 haches en roche tenace trouvée en Bretagne). On sait aujourd’hui que 3 autres carrières de dolérite ont aussi alimenté ses besoins. Ce sont des quasi monopoles d’autant que toutes les étapes de façonnage sont réalisées sur place à l’exception du polissage de la lame. Rien qu’à Plussulien, on estime qu’il y aurait eu 2 à 3 millions de lames à extraire, à tailler, à boucharder et à exporter !

Diffusion dolérite et G pressigny

Aux marges de cette région Ouest, des études récentes (1995) ont quand même démontré que des haches en métadolérites avaient aussi été produites en Limousin afin de concurrencer ce monopole breton.

Un autre exemple de ces monopoles est la carrière de pélites-quartz de Plancher-Les-Mines (Vosges) étudiée en 1995 par Pierre Pétrequin. Pour une période de près de 1000 ans (de la seconde moitié du Vème millénaire au premier tiers du IVème millénaire), cette carrière de 6 hectares fournie plus de 50% des lames polies retrouvées entre les Vosges et la Bourgogne à l’Est et l’axe Rhénan jusqu’au lac de Constance au sud (soit un rayon maximal de 200 kilomètres).

Pour voir de belles dolérites : https://www.flickr.com/photos/129115646@N07/

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