Que faire de vos découvertes fortuites ?

En matière de fouilles, voilà ce que dit la loi du 27 septembre 1941 : «Nul ne peut effectuer sur un terrain lui appartenant ou appartenant à autrui des fouilles ou des sondages (…) sans en avoir au préalable obtenu l’autorisation».

Il existe bien sûr des « professionnels » de la prospection équipés de détecteurs de métaux, mais ces appareils ne sont pas très utiles en préhistoire ! En tous les cas, leur utilisation est soumise à une autorisation préfectorale (loi du 18 décembre 1989).

Reste la très grande majorité des vestiges néolithiques découverts en surface par des particuliers lors de simples balades en famille ou de cueillettes de champignons. Mais que faire de ces découvertes ?

Légalement, une découverte appartient à parts égales entre le propriétaire du terrain et  « l’inventeur » (celui qui l’a découvert (article 716 du code civil). Mais dans le cas d’une hache polie ou d’un biface, on ne va pas les couper en deux, cette loi s’adresse donc d’abords aux découvertes de « trésors ».

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Mais revenons à vos découvertes, que devez vous en faire ?

D’abord, profitez de l’instant…

Vous avez « retrouvé » un objet qui a été déposé là il y a 5 000, 10 000 ou 100 000 ans. Il ne vous appartient pas vraiment, vous en êtes juste le dépositaire. Vous le sortez donc de l’oubli, vous le sauvez peut être du soc de la charrue, vous lui donner une « seconde vie », bref cet objet créé d’abord une certaine émotion.

Cela dit, ce n’est pas parce que cet objet passe d’un labour à une vitrine que votre découverte est valorisée. Déplacé de son contexte sans aucun signalement, c’est du gâchis pour vous comme pour les autres.

Une fois l’émotion passée (parfois elle ne passera jamais !), penser à vous souvenir de la localisation de l’objet et, pour garder un souvenir de ce moment, sortez votre téléphone et prenez le en photo, on appelle ça un cliché « in-situ ». Alors bien sûr, il y aura toujours des grincheux pour regretter qu’on se situe en dehors du cadre scientifique (recherche archéologique, stratigraphie en place…), mais votre découverte n’est pourtant pas dépourvue d’intérêt, à commencer par celui qu’il peut susciter pour son « inventeur ».

Trouver une hache polie (c’est l’outil le plus parlant pour un néophyte), c’est d’abord une porte ouverte sur beaucoup de questions. D’où vient cet objet ?, à quoi sert-il ?, est-il « vrai » ou non ?, que fait-il là ?, y en a t-il d’autres ?, c’est quoi le Néolithique ?… Au-delà de l’émotion du moment, je suis persuadé que c’est le deuxième intérêt de votre découverte (et ce blog est là pour vous aider).

Pour en savoir plus, vous avez beaucoup d’options :

  • La recherche d’informations sur internet – mais je trouve toujours que les publications restent souvent trop élitistes, on reste entre « professionnels de la profession ».
  • La visite d’un musée local – mais les collections de préhistoire sont moins présentes que les tableaux du XVIII°, et en général, le musée va mettre en avant des objets qui sortent de l’ordinaire. Chez moi, à Soissons, le musée archéologique ne porte que sur la période Néolithique (alors que les bifaces et les sites Paléolithiques sont nombreux en vallée de l’Aisne !). Et en plus, sur les 3 salles dédiées à la période, vous ne verrez aucune hache polie !!!
  • Les forums internet pour publier vos détections. C’est la meilleure solution, encore faut-il que les réponses et identifications soient faites par des connaisseurs (mon conseil : http://www.la-detection.com/dp/nometal.htm).

Dans tous les cas, il faut savoir que certaines questions ne pourront trouver une réponse par ces 3 premiers moyens. Une hache polie en silex est un objet commun qui peut couvrir une période large (de -5 200 à -2 500 ans !). A l’opposé, un tesson de céramique est beaucoup mieux pour préciser une date, encore faut-i trouver une personne compétente, à la fois sur la période mais aussi sur la spécificité géographique de la culture en question.

Pour aller plus loin.

Maintenant que vous savez que votre découverte est intéressante, il faut la « déclarer » auprès de votre Mairie ou du SRA (Service Régional de l’Archéologie). C’est le sens du Code du Patrimoine (articles L. 531-14 à 531-16) : « Lorsque, par suite de travaux ou d’un fait quelconque…, tout objet pouvant intéresser la préhistoire, l’histoire, l’art ou l’archéologie sont mis au jour, l’« inventeur » de ces vestiges ou objets, c’est-à-dire l’auteur de la découverte, ainsi que le propriétaire du lieu où ils ont été découverts sont tenus d’en faire la déclaration immédiate au maire de la commune, qui doit la transmettre sans délai au préfet ».

Jusque là, pas de soucis. Mais le Code du patrimoine précise aussi que vos découvertes « sont confiés à l’État pendant le délai nécessaire à leur  étude scientifique » (jusqu’à cinq ans !), et l’État peut même les revendiquer « moyennant une indemnité fixée à l’amiable ou à dire d’expert ».

Ça peut faire peur mais qu’en est-il dans la réalité ?

Concrètement, vous contacter le SRA par téléphone (c’est plus direct que via votre Mairie) et vous remplissez une déclaration par email avec photos, positionnement GPS, extrait de la carte IGN du secteur (info sur Geportail), extrait du cadastre actuel pour situer la parcelle (cadastre.gouv;fr) et localisation actuelle de votre découverte (dans votre vitrine, sans doute).

Cette déclaration est enregistrée et quelqu’un peut venir faire des photos, faire des relevés complémentaires et même vous emprunter votre trouvaille pour quelques jours si besoin. Dans tous les cas votre trouvaille est importante car elle vient enrichir la base de données du SRA (cartes archéologiques).

Je vous conseille la lecture de ce forum où j’ai demandé à des « fortuiteurs » de faire part de leurs expériences : http://www.la-detection.com/dp/message-104913.htm

Pour information, il existe aussi en Grande Bretagne un projet qui recense les découvertes de particuliers (soit près de 700 000 objets dont 250 pour le Néolithique).

http://finds.org.uk/database/search/results/objecttype/axe/broadperiod/NEOLITHIC/page/1

Bonne chasse et SURTOUT bonnes déclarations !

Les Services régionaux de l’archéologie en France (anciennes régions) :

http://www.culturecommunication.gouv.fr/Politiques-ministerielles/Archeologie/L-archeologie-en-region

  • Alsace – Palais du Rhin
  • 2, place de la République, 67082 Strasbourg cedex
  • Tél. : 03 88 15 57 00

 

  • Aquitaine
  • 54, rue Magendie, 33074 Bordeaux cedex
  • Tél. : 05 57 95 02 24

 

  1. Auvergne – Hôtel de Chazerat
  2. 4, rue Pascal BP 378
  3. 63010 Clermont-Ferrand cedex 01
  4. Tél. : 04 73 41 27 19

 

  • Bourgogne – Hôtel Chartraire de Montigny
  • 39, rue Vannerie, 21000 Dijon
  • Tél. : 03 80 68 50 50

 

  • Bretagne – Hôtel de Blossac
  • 6, rue du Chapitre, 35044 Rennes cedex
  • Tél. : 02 99 84 59 00

 

  • Centre
  • 6, rue de la Manufacture, 45043 Orléans cedex
  • Tél. : 02 38 78 85 41

 

  • Champagne-Ardenne
  • 3, rue du Faubourg Saint-Antoine
  • 51037 Chalons-en-Champagne cedex
  • Tél. : 03 26 70 63 31

 

  • Corse
  • 19, Cours Napoléon BP 301
  • 20181 Ajaccio cedex 01
  • Tél. : 04 95 51 52 15

 

  • Franche-Comté – La Citadelle
  • 9 bis rue Charles-Nodier, 25030 Besançon cedex
  • Tél. : 03 81 65 72 00

 

  • Île-de-France
  • 6, rue de Strasbourg, 93200 Saint-Denis
  • Tél. : 01 48 13 14 50

 

  • Languedoc-Roussillon – Hôtel de Grave
  • 5 bis, rue de la Salle l’Évêque, BP 2051,
  • 34026 Montpellier cedex 01
  • Tél. : 04 67 02 32 70

 

  • Limousin – Hôtel Maledent de Feytiat
  • 6, rue Haute de la Comédie, 87036 Limoges cedex
  • Tél. : 05 55 45 66 36

 

  • Lorraine
  • 6, place Chambre, 57045 Metz cedex 01
  • Tél. : 03 87 56 41 10

 

  • Midi-Pyrénées
  • 7, rue Chabanon, 31200 Toulouse
  • Tél. : 05 34 25 28 28

 

  • Nord-Pas-de-Calais – Ferme Saint-Sauveur
  • 1, avenue du Bois, BP 51
  • 59651 Villeneuve-d’Ascq cedex
  • Tél. : 03 20 91 38 69

 

  • Basse-Normandie
  • 13 bis, rue Saint-Ouen, 14052 Caen cedex 04
  • Tél. : 02 31 38 39 19

 

  • Haute-Normandie
  • 12, rue Ursin-Scheid, 76140 Le Petit-Quevilly
  • Tél. : 02 32 81 99 02

 

  • Pays-de-la-Loire
  • 1, rue Stanislas Baudry, 44035 Nantes cedex 01
  • Tél. : 02 40 14 23 30

 

  • Poitou-Charentes – Hôtel de Rochefort
  • 102, Grand rue, BP 553
  • 86020 Poitiers cedex
  • Tél. : 05 49 36 30 35

 

  • Picardie
  • 5, rue Henry Daussy,
  • BP 2706, 80044 Amiens cedex
  • Tél. : 03 22 97 33 45

 

  • Provence-Alpes-Côte-d’Azur
  • 21-23, boulevard du Roy René,
  • 13617 Aix-en-Provence cedex 06
  • Tél. : 04 42 99 10 20

 

  • Rhône-Alpes – Le Grenier d’Abondance
  • 6, quai Saint-Vincent, 69283 Lyon cedex 01
  • Tél. : 04 72 00 44 00

 

  • Guadeloupe
  • 22, rue Perrinon, 97100 Basse-Terre
  • Tél. : 05 90 99 48 93

 

  • Guyane
  • 95, avenue de Gaulle, 97300 Cayenne
  • Tél. : 05 94 25 54 08

 

  • Martinique
  • 16, avenue Condorcet, 97200 Fort-de-France
  • Tél. : 05 96 73 12 46

 

 

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