Interview (imaginaire) de notre ancêtre

Je vous propose de faire un bond de 5 000 ans en arrière afin de découvrir le quotidien de nos ancêtres du Néolithique Récent. On va le faire sous la forme d’un entretien avec un habitant de la vallée de l’Aisne qui aurait vécu jusqu’à aujourd’hui.

Alors, pour commencer, où sommes nous ?

Nous sommes une petite communauté vivant environ 3 000 ans avant votre ère. Notre village s’est installé voilà 10 années dans un petit vallon au sud de la vallée de l’Aisne et ce choix ne doit rien au hasard. On connait bien la région depuis des générations car nos ancêtres se sont installées ici il y a plus de 2 000 ans. A l’époque, la rivière était déjà le principal axe de communication pour pénétrer ce territoire d’Est en Ouest mais c’est vrai que les choses ont beaucoup changé depuis.

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Au départ, nos communautés se sont installées aux abords de la rivière. Il faut dire que nous n’étions pas équipés pour attaquer la forêt dense qui nous entourait. Nos anciens ne disposaient pas des gros outillages en silex (lames de haches en pierres polies), mais juste de lames d’herminettes de petites tailles et le plus souvent en roche dure. Bref, nous sommes restés dans la vallée principale où on avait accès à des sols légers et riches en limon sans être trop ennuyés par des problèmes de voisinages car nous n’étions pas très nombreux.

Vos ancêtres étaient déjà convertis à l’agriculture ?

Pendant longtemps on a pratiqué l’essartage ou « agriculture-jachère en forêt ». Le principe est le suivant : On défriche une partie de la forêt, on récupère ou non le bois puis on fait sécher les débris avant de les brûler. Les cendres sont riches en éléments minéraux et forment un sol idéal pour semer nos graines de céréales. Cette forme d’agriculture a l’air rudimentaire, mais on me dit qu’elle est encore pratiquée dans votre XXI° siècle par plus 400 millions d’agriculteurs en zone tropicale !

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Le gros avantage de cette technique, ce sont les rendements de la première année que se soient des céréales (blé velu, amidonnier, engrain), des légumineuses (pois, lentilles) ou des oléagineux (lin). Ici dans la région, on a vite préféré l’amidonnier qui s’adapte mieux que l’engrain vu le climat. Toutes ces graines sont arrivées avec nos ancêtres venant de l’Est mais nos cousins de méditerranée nous ont aussi rapporté les graines d’orge nue et le pavot somnifère qui se sont bien adaptés ici.

Pour en revenir aux rendements, on arrive à produire, avec cette méthode, environ 2 500 à 4 000 kilos de céréales à l’hectare la première année. Ce qui couvre bien notre besoin en céréales. Il faut dire que les céréales, c’est 65% de notre nourriture quotidienne. On les cuisine sous toutes les formes et on en consomme environ 250 kilos par an et par personne.

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Dans notre village, nous sommes une quarantaine de personnes réparties en 8 maisons. Donc, 40 personnes x 250 kilos, cela fait un besoin de 10 tonnes de céréales à récolter par an. A cette quantité, il faut ajouter les aléas car un quart de notre production sera dévorée par les rongeurs pendant les mois de stockage (malgré notre vigilance). Enfin, il ne faut surtout pas oublier de conserver des graines pour en faire les futures semences de l’année suivante (environ 175 kilos de semences par hectare).

Autant vous dire qu’avec 5 hectares à 3 000 kilos par hectare, on arrive à bien vivre. Malheureusement, ce rendement chute la deuxième année et tous les 3 ans, il faut recommencer toutes ces opérations fastidieuses sur une autre parcelle. Cela oblige donc à déménager notre village assez souvent car arrive un moment où il n’y a plus de forêt à brûler et il faut alors attendre 20 ans pour qu’elle se régénère.

L’autre problème est qu’avec cette méthode, on a une terre qui reste pleine de grosses souches et qui nous empêche d’utiliser des techniques modernes comme la traction animale. Aujourd’hui, nous n’avons de toutes les façons, plus assez de place pour faire comme cela et nous préférons une agriculture non itinérante.

 Alors comment fonctionne votre agriculture vers -3000 ans ?

Tout a changé avec l’invention de la traction animale qui est arrivée chez nous il y a une centaine d’année. Les bovins étaient déjà importants pour les produits transformés issus de la production de lait (lait caillé, faisselle, beurre, fromage…) et une réserve de viande mais ils sont devenus aussi nos tracteurs ! Grâce au couple joug / traction, on a maintenant des araires pour tracer nos sillons croisés et des travois pour rapporter nos récoltes au village. Mais on se sert aussi de nos animaux pour dessoucher, pour défricher et pour ramener au village le bois de charpente issus de très gros arbres qu’on a préalablement écorcés et faits sécher sur pied… Bref, nos animaux ont pris un tout autre statut que celui de « réserve » de viande, ils nous apportent leur force et nous, on les vénère comme tel !

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Pour la récolte des céréales, on a longtemps utilisé des faucilles mais ce n’était pas l’idéal car on perdait beaucoup de temps à dépiquer la paille. Plus récemment, on a changé la technique en utilisant un couteau à moissonner. C’est un racloir qui dispose de deux encoches latérales et qui est collé avec de la braie de bouleau dans un support en bois. Avec ce nouvel outil, on ne fauche plus mais on « érusse ». C’est-à-dire qu’on ne va couper que le haut de l’épi pour laisser la paille sur pied et ensuite on va racler l’épi de bas en haut contre un support en bois pour ne garder que les grains. Cerise sur le gâteau, on peut laisser paître nos animaux sur ces parcelles ou récolter le chaume pour entretenir nos toitures de maison. C’est la traction animale qui nous permis d’innover avec cette technique de moisson. En effet, avec les labours croisés, nous avons limité la concurrence des mauvaises herbes, nous avons eu une maturité beaucoup plus homogène, nous avons diminué la pousse de tallages stériles et nous avons augmenté la densité de nos épis qui permet désormais la mise en place de cette technique de l’érussage.

Nos rendements sur ce type d’agriculture sont moins bons que la première année en agriculture-jachère en forêt (autour de 800 kilos par hectare) mais ils sont constants si bien sûr on organise bien notre jachère et qu’on apporte un peu d’amendement chaque année.

Notre besoin de surface cultivable est bien sûr beaucoup plus important. Dans notre cas, il faut 23 hectares de culture pour produire 20 tonnes de céréales. On a toujours les rongeurs qui en mangent un 5 tonnes et toujours le besoin de mettre de coté 4 tonnes pour l’année suivante (23 hectares x 175 kilos). Bref, il nous reste une dizaine de tonnes de céréales pour nourrir le village pendant un an.

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On s’arrange aussi pour maintenir la production dans un rayon de 2,5 kilomètres autour du village car il faut penser aux allers-retours avec nos outils et nos animaux ou pour rapporter nos récoltes. C’est la raison pour laquelle nos petites communautés sont en moyenne éloignées les unes des autres d’environ 5 kilomètres.

Reste à stocker notre production pour l’année prochaine. Pour ma maison, il faut que j’entrepose de quoi semer 3 hectares l’année prochaine, c’est-à-dire 500 kilos de céréales. Pour cela, nous avons un silo enterré où je laisse germer la partie extérieure de la masse de grain qui est au contact des parois et de l’humidité afin qu’elle forme une gangue qui va protéger le cœur de la réserve en la privant d’oxygène. Cela dit, dans d’autres villages, j’ai vu des solutions plus élaborées comme des fosses enduites de torchis ou des greniers aériens sur poteaux.

Pourquoi vous êtes vous installés ici et comment s’organisent les relations avec vos voisins ?

Le choix de l’emplacement de notre village actuel ne doit rien au hasard. Il nous fallait de l’eau à proximité, un sol fertile, une forêt tout autour et une orientation favorable non seulement au soleil mais aussi aux bassins versants. Mon père a donc choisi d’installer notre petite communauté ici. Mais on ne vit pas pour autant en autarcie car on est en relation constante avec les autres communautés de la vallée.

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On se voit les uns et les autres très régulièrement. Il y a d’abord le petit commerce de proche en proche. Notre principale richesse, ce sont bien sûr nos animaux domestiques et notre production agricole mais il y a aussi des villages avec terroirs plus giboyeux ou des rivières plus riches que d’autres. Pour ce qui est d’ici, on a aussi un petit atelier d’extraction et de taille de silex car on a la chance d’avoir quelques gites de silex à proximité.

Plusieurs fois par an, on rencontre les habitants des autres villages lors de grandes fêtes. Si notre calendrier est fondé sur les changements de lune, on suit aussi les mouvements du soleil et les solstices restent les grands moments de l’année. C’est l’occasion de rendre grâce aux dieux du soleil, de la terre et des eaux qui sont les 3 piliers de notre religion. On se regroupe alors dans le « village-mère » qui est situé à une quinzaine de kilomètres vers l’Ouest, sur un plateau qu’on a barré d’une grande palissade. Pour ces fêtes, on organise des grands repas communautaires et on sacrifie les bovins que chaque village a apportés.

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Pour se voir et échanger, il y a aussi les « marchés » organisés après la saison des naissances pour nos animaux dans les grands enclos disposés tout le long de la vallée. Ces fêtes sont aussi le moyen pour chaque communauté de montrer sa puissance par la richesse des troupeaux et la qualité des animaux.

Sur l’élevage justement, vous privilégiez quels animaux ?

Nous avons un troupeau d’une cinquantaine de têtes de bétail (bœufs, génisses et veaux) et de 40 chèvres et moutons qui sont sous la bonne garde des plus jeunes du village. A la belle saison, nos animaux se nourrissent grâce au couvert de nos forêts pour les ¾ de leurs besoins nutritifs et le reste vient de la paille restée sur pied, de prairies naturelles ou de friches. En clair, en plus de nos 10 hectares de paille sur pied, il nous faut une dizaine d’hectares de pâturage et 50 hectares de bois et forêts.

En hiver, la situation se complique. Il faut pouvoir tenir entre 4 mois et les besoins en fourrage de nos animaux sont colossaux (45 kilos / mois pour un veau mais 200 kilos pour un taureau). En moyenne, il va nous falloir 135 kilos de fourrage par mois par tête de bétail et 45 kilos par mois pour les chèvres et moutons. Pour 4 mois d’hiver, il nous faut donc stocker 27 tonnes de fourrage pour nos 50 têtes de bétail (135 kg x 4 mois x 50 têtes) et 7,2 tonnes pour nos chèvres et moutons (45 kg x 4 mois x 40 têtes). Au total, on doit trouver 34 tonnes de fourrage !

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Pour trouver ce fourrage, on a recours à 2 options :

  • 1/4 du fourrage (9 tonnes) provient d’herbes séchées récoltées sur les prairies naturelles qu’on trouve en fond de notre vallon. Avec 1 500 kilos/ha, il nous faut donc récolter 6 hectares de prairies naturelles.
  • 3/4 du fourrage (25 tonnes) est réalisé à partir de feuilles de frênes, de chênes ou d’ormes qui sont récoltés en utilisant la technique de l’émondage qui produit 40 kilos de feuillage par arbre. Pour trouver 25 tonnes de feuillage il faut donc élaguer 625 arbres chaque année. Mais comme un arbre met 4 ans à se régénérer, il faut une réserve de 2 500 arbres, ce qui représente environ 12,5 hectares de bois (200 arbres /hectare).

Vous comprendrez qu’on limite donc le troupeau à 50 têtes. On abat nos animaux soit entre 12 et 18 mois, soit vers les 3 à 4 ans de l’animal. En limitant le troupeau, on limite d’ailleurs aussi les maladies infectieuses  comme la tuberculose ou la brucellose. Cela étant, on garde quelques bœufs qu’on a castrés pour assurer nos besoins de tractions pour les travaux déjà évoqués.

Pour nos 40 chèvres, c’est un peu plus simple. Pendant 8 mois, elles se promènent sur une trentaine d’hectares de forêts et leur besoin en hiver est couvert par nos récoltes de fourrages issus des bois et prairies naturelles. 

On a enfin de nombreux cochons domestiques qui mangent de tout autour du village et qui profitent pendant l’hiver des glands ramassés à l’automne. Leur élevage n’est pas compliqué mais on ne cherche pas à en avoir trop car leur densité peut nuire à notre agriculture.

Donc il vous faut un terroir important pour votre communauté ?

Si on met bout à bout nos besoins, c’est vrai qu’on doit avoir un minimum de :

  • 5 hectares pour notre village et nos jardins de proximité
  • 23 hectares de surfaces agricoles
  • 6 hectares de prairies pour le fourrage d’hiver
  • 12,5 hectares de bois pour le fourrage d’hiver
  • 10 hectares de prairies naturelles pour le fourrage d’été
  • 50 d’hectares de bois pour le fourrage d’été

Mais cette centaine d’hectares « productifs » ne représente au final que 5% de la surface totale dont nous disposons (2 000 hectares), le reste étant réservé aux territoires de chasse.

Pourquoi vivez-vous en communauté ?

Comment pouvez-vous imaginer que les 8 familles de notre communauté travaillent chacune dans son coin, c’est absurde ! Comme je l’ai déjà dit, on laisse les plus jeunes suivre nos troupeaux de bovins et d’ovins. Ce sont eux, avec l’aide de quelques anciens, qui s’assurent que les animaux ne vont pas venir empiéter sur nos cultures, qui les protègent contre les vols et les agressions de loups, qui les suivent pendant la période des naissances (mars/avril), qui récoltent le lait en dehors des périodes de lactation … On leur demande aussi de ramasser les glands en automne, de s’occuper du suivi quotidien de nos pièges et des nasses posées dans les ruisseaux, d’assurer le ramassage du bois mort pour le foyer ou encore de ramasser les bois de chute des cerfs en hiver. On compte beaucoup sur leur créativité pour le piégeage pour sauver nos récoltes.

Pour le travail de la terre, la communauté est tout aussi importante. Notre année est ponctuée de gros travaux : il faut défricher, labourer à l’araire, enlever les mauvaises herbes, préparer et amender la terre, la semer, récolter à maturité, faire le tri pour ne garder que le bon grain, stocker nos récoltes en silos, récupérer le fourrage et le mettre dans nos greniers…

Pour la production de lait, nos vaches produisent chaque année entre 2 et 3 tonnes de lait. Ce sont les femmes du village qui s’organisent pour la récolte, la répartition et la transformation des productions et prennent en compte les âges des individus de chaque maison pour le faire avec intelligence. 

Si vous êtes un peu chasseur, vous savez aussi qu’on peut tirer à l’arc le petit gibier tout seul mais notre besoin de gros animaux (cerfs, sangliers, aurochs, chevreuils, ours…) est important et nécessite une approche collective pour réussir nos battues. Le cerf est l’animal qu’on va chasser en priorité car, en plus de sa viande, ces bois nous permettent de fabriquer les gaines de haches, les manches d’outils, les pics de mineurs, les aiguilles pour coudre, ses os deviennent des poinçons de nos artisans, les tendons sont les cordes nos arcs, son cuir nous habille…

Pour organiser et planifier toutes ces activités, il est donc naturel d’avoir besoin d’un chef. C’est le rôle de mon père qui guide le village depuis une décennie en s’appuyant sur un petit groupe d’anciens. En même temps, il ne faut pas le voir comme une élite au-dessus des autres. La seule élite que je connaisse est le chef du « village-mère » qui organise les fêtes annuelles (solstices et marchés) et qui nous offrent aussi un refuge temporaire lorsqu’arrivent des périodes de troubles.

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Peut-on parler d’une société hiérarchisée ?

Toute économie de production peut entrainer une accumulation de richesse mais aussi des jalousies et des périodes de disettes. Le chef du « village-mère » possède bien plus que quelques animaux. Il fait venir de loin des parures en feuille d’or martelée, des perles d’ambre rouge pour en faire un collier et possède même une magnifique hache-marteau qui symbolise la puissance de son pouvoir.

Certaines de nos élites font venir aussi des grandes lames de poignards en silex d’une couleur miel. On ne trouve pas cette couleur cuivrée par ici mais en plus, la longueur de ces lames est beaucoup plus importante que pour nos lames du quotidien issues des marnes de silex de la région. Mon père en possède un, il l’a échangé contre un veau avec un colporteur venu du Sud.

Son poignard est très beau et il s’en sert au quotidien pour couper les joncs ou pour erusser les céréales par exemple. Chaque année, il le retouche et en diminue la taille mais il le garde car il y est très attaché. Pour marquer son autorité sur le village, il se sert de son spectre qui n’est pas fait d’une hache marteau en roche dure mais d’un bois de cerf poli que le chamane du village a décoré et piqueté. Il est emmanché transversalement dans un long manche en bois d’if et mon père la garde sur le seuil de sa maison pour montrer son autorité aux visiteurs.

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On a donc bien une hiérarchie avec un chef de village et une élite régionale mais on trouve aussi des tâches plus spécialisées et parfois réservées à certaines familles. Dans notre maison, nous avons par exemple le seul métier à tisser du village. C’est une innovation récente ici mais c’est aussi l’aboutissement d’un long chemin dont je vous parlerai ensuite.

Et vous avez un chamane ?

Oui, mais c’est un vieil homme maintenant. C’est lui qui parle aux dieux, connait tous les végétaux de la forêt, organise les rites de passages à l’âge adulte pour les jeunes hommes, pratique la médecine et la trépanation, accompagne les familles lors des cérémonies d’enterrement et qui assurent les dépôts communautaires dans les allées sépulcrales des villages alentours.

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C’est mon père qui a fait construire l’allée en pierre de notre village pour le repos de son père qui fut un grand homme. Cette allée mégalithique est au Nord du village, juste en bordure du plateau et orientée plein Est. C’est une vieille tradition dans nos sociétés même si c’est vrai que la plupart des habitants du village seront enterrés dans des allées en bois plus faciles à bâtir. Quelles soient en bois ou en pierres, elles sont toutes construites sur le même modèle : Couloir d’entrée, Antichambre, Chambre et une petite « muche » en bout de la chambre pour la communication entre les inhumés et l’esprit du dieu de la terre.

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Notre chamane assure donc le lien entre le monde des vivants et le monde des morts. C’est lui qui a organisé le dépôt collectif de fondation dans la sépulture lorsque nous avons inhumé mon grand-père. Il a déposé à l’entrée du couloir de la chambre une hache emmanchée et quelques vases et c’est lui qui a fait sculpter la dalle d’entrée pour rendre hommage à notre déesse mère. Après, c’est mon père qui s’était occupé de l’équipement pour « le grand voyage » de son père : Carquois, arc, poignards, grattoir, briquet poinçons et autres objets du quotidien.

Je me souviens aussi du banquet et des danses que nous avions faites ce jour là à proximité immédiate de l’allée. Une belle cérémonie qui n’est jamais un adieu car si la chaire se décompose, la situation du monument marque notre territoire et permet de se retrouver chaque année pour la fête des morts et des dieux de la Terre. Un jour, c’est un autre chamane qui se chargera de condamner l’allée par « le feu qui purifie ».

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Tous ces chamanes sont souvent issus d’une même lignée et assurent leur autorité religieuse sur plusieurs villages. Ils sont respectés car ils nous assurent la bénédiction de nos dieux (soleil, terre et des eaux). On a déjà parlé des fêtes offertes au dieu du soleil pour les solstices mais je ne veux pas sous-estimer les autres dieux. Pour leur rendre grâce, mais aussi pour marquer symboliquement nos territoires, on a une vieille coutume qui consiste à enterrer des lames de haches dans le sol, tranchants vers le haut, ou encore de faire des dépôts votifs dans les eaux des rivières, des marais ou des lacs.

Pour nous, ces lames sont bien plus que des haches. Elles n’ont pas de valeur fonctionnelle (on ne s’en set pas pour couper les arbres), et elles sont souvent en roches étrangères de couleur verte. C’est une vieille tradition qui a commencé il y a 2 000 ans avec des lames en jade Alpine et qui se poursuit encore aujourd’hui même si on maintient cette coutume avec des dolérites, des grès fins, des diorites ou des longues lames en silex.

Et vos repas se passent comment ?

On cuisine les céréales sous toutes les formes : en galettes, en bouillies et même en pain levé. Chacune de nos maisons est équipée d’une grosse meule dormante en grès pour moudre le grain. Nos pains sont cuits sur des plats en céramique ou sur des galets qui sont chauffés avant de les recouvrir de cendres. Pour les bouillies, on préfère ne pas mettre nos céramiques au feu direct et on utilise encore beaucoup le principe des pierres chauffées. Cela dit, nos céramique très standardisée en forme de « pot de fleur » ne sont ni belles, ni décorées, mais elles résistent à la cuisson directe !

Pour les viandes, notre besoin hebdomadaire est de 280 grammes par personne, soit une douzaine de kilos par semaine pour le village. L’idéal c’est bien sûr de sacrifier un bovin qui nous apporte 120 kilos de viande après découpage et désossage. Mais je vous l’ai déjà dit, on préfère les garder pour les fêtes et les banquets et ils ne représentent en fait que 10% de notre consommation en viande. On cuit les morceaux de viande à l’étouffée sur des lits de pierres chauffées mais on ne mange pas tout car il faut penser à l’hiver alors on en fait aussi sécher ou fumer une grande partie.

Les porcs et les sangliers représentent 40% de notre consommation de viande (45 kilos par animal) et sont consommés au quotidien. La chasse couvre 30% de nos besoins en viande (45 kilos pour une biche et 100 kilos pour un cerf). Enfin, les derniers 20% viennent des ovins (10 kilos) et d’autres animaux chassés ou piégés (chevreuils, renards, loups, blaireaux, aurochs et même quelques ours).

Pour la cuisine, tout tourne autour de notre foyer central. Au milieu de chaque maison, on entretien un feu que l’on a pris soin de faire sur une chape d’argile pour ne pas mettre le feu. La fumée est omniprésente dans la maison, surtout l’hiver, mais elle nous protège des insectes qui pourraient vouloir s’installer chez nous.

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Un petit mot sur le sel et le sucre. Si on arrive à « sucrer » nos aliments avec le miel, on a un vrai problème pour le sel dont on a besoin pour nos bouillies mais surtout pour conserver nos denrées alimentaires.

Pour le Néolithique, on retrouve essentiellement les restes du captage (aménagements en bois) et surtout les terres cuites et briquetages qui servaient à la chauffe ou comme moules à sel. Sur les sites, les archéologues trouvent aussi des accumulations de charbons et de cendres ou même des outils de pierres dans là où est exploité le sel gemme.

En France, on a trouvé autour de la source de Moriez dans les Alpes, l’armature d’un ancien clayonnage datée autour de 5600 avant J.-C.. Dans le Jura, celle de Grozon s’établit autour d’un véritable rempart en fer à cheval qui protége l’émergence salée. On peut signaler aussi les 19 troncs de chêne évidés des Fontaines Salées à Saint-Père-sous-Vézelay (Yonne, France) qui sont maintenant datés par la dendrochronologie au 23e siècle avant J.-C., c’est-à-dire au Campaniforme.

Pour les restes de briquetages, ce sont les enceintes autour du Marais poitevin qui renferment une très forte quantité de terres cuites. Ces céramiques sont très standardisées et toujours fractionnées dû au bris intentionnel des moules pour en extraire les pains. Cela étant, il existe aussi dans le Jura français des techniques de fabrication du sel, sans terre cuite ni fourneaux mais grâce à d’autres techniques.

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Ici, la technique est de verser de l’eau salée sur un bûcher incandescent recouvert d’une litière freinant la chute de l’eau. L’eau salée se concentre tout au long de sa chute et forme des petits cristaux au contact des braises. Il faut donc aussi chercher les accumulations charbonneuses autour des sources salées ou des marais littoraux. A Salins-les-Bains (Jura), on retrouve par exemple les dépôts de charbons à 7 km en aval de la zone d’exploitation, ce sont donc des quantités importantes de combustible qui ont été brûlé pour produire du sel.

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Coté bâtiments d’exploitation, les témoignages sont rares. A Saudun (Loire-Atlantique), des fosses néolithiques sont interprétées comme fosses de filtrage de sable salé et de concentration de la saumure. A l’opposé, on trouve à Cardona en Catalogne (Nord-Ouest de Barcelone), une véritable « montagne de sel » autour de laquelle plusieurs centaines d’outils en pierre (masses, pilons, bouchardes) ont servi d’outils miniers liés à l’exploitation de sel gemme sous la forme d’une carrière à ciel ouvert. On extraits les blocs sur la zone des affleurements de sel puis ils sont transportés sur les habitats néolithiques dans un rayon de 20 kilomètres pour être transformés, et régularisés, à l’aide de pilons en plaques ou blocs de sel de forme et de poids normalisés.

On pense que cette exploitation est une des sources de richesse de cette communauté dont les sépultures se parent d’objets d’apparat d’importation côtière comme les perles en variscite de Gavà ou le silex blond de Haute-Provence. En Allemagne, il y a d’ailleurs une forte corrélation entre les sources salées et la présence des dépôts de longues haches alpines en roche verte. On peut dès lors imaginer aussi que les néolithiques auraient pu profiter de cette manne dans les zones lagunaires du Morbihan. Des études en cours le démontreront peut être…

Les zones salifères sont donc des pôles d’attraction pour les populations locales mais aussi des points clés du réseau d’échanges des grandes haches polies alpines. Grâce aux moules, le pain de sel est devenu un objet transportable et stockable qui s’intègre dans des réseaux d’échange à longue distance. Outre son usage alimentaire, il a joué le rôle de valeur d’échange renforcé aussi par sa rareté dans certaines zones géographiques.

Mais comme on est à 190 kilomètres de la mer, il faut compter sur les colporteurs qui remontent les « grandes rivières » avec leurs pains de sel issus des salines de mer.

Coté fruits et légumes, on ramasse beaucoup de pommes sauvages qu’on fait sécher et les bogues de hêtres pour en manger les faines. On aime aussi les noisettes, les carottes, les pois et lentilles, les fraises et la vigne sauvage. Pour des besoins médicaux, on récolte le pavot aux vertus sédatives et antalgiques même si ce pavot est d’abord consommé pour son huile blanche à la bonne odeur d’amande. Mais notre connaissance des plantes médicinales est très grande : thym, origan, églantine, millepertuis, viorne…

Suivant les saisons, lorsqu’on part les cueillir en forêt, on pensera aussi à ramasser du bois d’if pour faire nos arcs et nos cuillères, des baies de sureau et des racines de garance pour teindre nos vêtements en noir et rouge, des champignons amadouvier pour le feu… La forêt est notre supermarché !

Le travail du bois représente t’il une activité importante ?

J’ai appris que vous appeliez notre époque : « l’âge de Pierre nouvelle », vous auriez plus l’appeler « l’âge du bois » car nous sommes des experts dans le travail du bois.

Si vous prenez notre village, la moindre petite maison nécessite la coupe de plus de 300 arbres et arbrisseaux, soit environ 5 stères de bois. Il en faut pour les poteaux en perche ou en bois de refend, puis pour les planchers tirés de longs fûts bien réguliers, puis pour la couverture des toits en écorces cousues sans compter le brelage des poteaux avec des lanières ou en fibres d’écorce, les superstructures en perches, le clayonnage. Si elles ne brûlent pas, nos maisons sont faîtes pour durer 30 ans. Mais il faut quand même aussi les entretenir. On refait donc régulièrement le clayonnage et le torchis des murs et on remet chaque année sur nos toits soit des morceaux d’écorces, soit des gerbes de chaume, soit des roseaux en fonction de notre environnement proche… 

Dans le village-mère, nous avons construit une maison communautaire pour nos fêtes et nos cérémonies de mariage. C’est un bâtiment rectangulaire monumental de plus de 40 mètres de long sur 12 mètres de large qui a nécessité encore 3 fois plus de bois. Et pour protéger cet « éperon barré », on a construit une palissade sur une longueur de plus de 200 mètres avec des poteaux hauts de plus de 2 mètres. Quel boulot !

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Pour couper tout ce bois, on utilise les haches et herminettes en pierre polie. S’il ne nous faut que 10 minutes pour couper un frêne de 10 cm. de diamètre, on passe à près de 2 heures pour un diamètre de 20 à 30 cm.

Au-delà, pour les très gros fûts (>40 cm.) qui serviront à soutenir le faîtage de nos maisons, on va consacrer encore beaucoup de temps. On commence par les écorcer puis les cerner pour les faire sécher sur pied. Quand ils sont bien secs, on arrive à les faire tomber grâce à la traction animale et à des cordes attachées au sommet de l’arbre. On utilise aussi nos animaux pour tirer ces fûts de plus de 10 mètres jusqu’au village où on a construit nos maisons de chaque coté d’une « rue principale».

Vos Champs Elysées avant l’heure !

Ces grands fûts de bois nous servent aussi à fabriquer les planches qui serviront de plancher soit à nos maisons, soit aux chemins qui traversent les marais pour les villages construits près du lit de la rivière. Parmi nos grandes réalisations on trouve aussi les pirogues monoxyles qui servent à pêcher. Pour ces pirogues, on choisit un fût de chêne de 8 mètres environ pour un diamètre d’au moins 50 centimètres qu’on va creuser à l’aide d’herminettes en silex.

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Pour commencer, on débite un panneau d’une épaisseur de 15 cm. sur toute la longueur du tronc à l’aide de ciseaux en bois de cerf et de coins en bois. On créé alors le plan de travail qui va être creusé à la hache ou à l’herminette. C’est un travail long et fastidieux qui peut être facilité en brulant le cœur du tronc pour en faire des braises.

A coté de se travail de bucheron et de charpentier, on est aussi ébéniste pour réaliser nos ustensiles de cuisine (louches, récipients, batteurs), nos outils et nos armes (manches, arcs, flèches). Les femmes pratiquent aussi la sparterie végétale pour faire des capes de pluie ou des paniers mais elles sont aussi des expertes en poterie.

Parlons maintenant de la poterie…

En apparence, il est facile de faire une céramique, on mélange de l’argile, de l’eau et un dégraissant, on fait cuire et on a le résultat. Encore faut-il bien choisir ces ingrédients.

Il nous faut d’abord une terre argileuse, ce qu’on trouve sans problème dans les marnes de notre vallée. Naturellement, cette terre est très grasse et colle sur les mains, ce qui nous  empêche de façonner nos pots sans y ajouter un dégraissant. On mélange donc des poussières de céramiques broyées ou de silex qui renforcent nos pots et réduisent les risques de fissure et de casse lors du séchage et de la cuisson.

céramique double

A partir de ce mélange, on va préparer la pâte en la malaxant avec de l’eau, avant de commencer le montage des pots au colombin, c’est-à-dire par superposition de boudins d’argile qui sont enroulés en spirale par ajouts successifs. Une fois terminé, on ajoute les éléments de préhensions, les décors et si besoin le bec verseur. On attache moins d’importance aux décors que nos anciens mais on a renforcé la qualité de nos pots et de nos bouteilles pour qu’ils résistent mieux à la cuisson directe afin de nous faciliter la cuisson de nos bouillies de céréales.

Après avoir fait sécher nos poteries, on va passer à la cuisson qui se fait dans une fosse ou sous une meule ouverte, c’est-à-dire non recouverte d’un matériau combustible. On  atteint alors des températures autour de 800° pour une durée de la cuisson qui varie entre 30 minutes et deux heures. Le plus grand risque est le vent qui provoque des changements de température et de la casse pour nos pots. On préfère donc cuire à la fin de la journée, quand le vent est calmé, pour ne pas gâcher tout le travail déjà réalisé.

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Les formes des poteries varient en fonction de nos besoins : des gobelets à boire, des grandes jarres pour le stockage, des assiettes, des bols, des écuelles, des marmites de cuisson, des plats à pain et même des objets comme les fusaïoles ou les pesons de métier à tisser. On a même à la maison une poterie très originale qui ne vient pas d’ici mais qui fut donnée au père de mon père par un clan lointain à l’occasion de la noce avec l’une des filles de ce clan On l’a gardé en souvenir même s’il est un peu ébréché maintenant. 

Et pour les vêtements ?

C’est une activité importante pour les femmes du village.

Le travail des fibres végétales (chanvre, écorce de tilleul, orties, lin…) se pratique depuis très longtemps, que se soit pour confectionner le tissu des vêtements ou bien pour fabriquer des ficelles ou des cordes.

La première étape est le rouissage qui consiste en la fermentation des végétaux dans l’eau pour en séparer les fibres par raclage à l’aide d’outils en silex micro-denticulés.

Ensuite on va procéder au filage pour transformer la fibre en fil. Il faut tordre la fibre en formant une mèche avec ses doigts, puis l’étirer et la fixer à l’extrémité d’un fuseau qu’on va faire tourner en toupie grâce à la fusaïole. Les fibres se tordent et le fil se forme mais toute la difficulté est de tirer un fil qui soit régulier et homogène.

Enfin, on va tisser ces fils à l’aide d’un métier pour faire des bandes de 30 à 50 cm de large qui seront ensuite cousues ensemble. Il faut être minutieux pour cette étape et on se sert de peignes en buis très fins pour bien séparer et densifier les fils.

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Après toutes ces opérations, on peut fabriquer une grande variété de vêtements qui vont des jambières aux chemises. On sert aussi beaucoup du cuir pour fabriquer nos vêtements et nous sommes des experts du tannage des peaux à la confection de chaussures. Mais par temps de pluie, rien ne vaut une bonne cape tressée en sparterie végétale.

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A coté de tous ces vêtements, on file aussi pour fabriquer des ficelles et des cordes avec lesquels on pourra fabriquer, par exemple, des filets de portage, des filets de pêche ou encore des cordes pour construire nos maisons.

Et y a-t-il des activités plutôt réservé aux hommes ?

Oui, c’est la cas par exemple de la préparation et de la taille du silex. On use des dizaines de haches et d’herminettes pas an dont la matière première est extraite de la minière située sur le plateau calcaire.

Quand la bonne saison est passée, on passe donc d’agriculteurs en forêt à mineur de silex. On creuse, on trouve les bancs et on espère qu’on pourra en faire des belles lames. En moyenne, avec 200 kilos de silex, on va réaliser une quinzaine de haches taillées (soit 13 kilos par lame !).

On part de blocs de silex qui pèse entre 15 et 30 kilos et il faut entre ½ heure à 1 heure pour façonner une hache, ce qui est très faible par rapport à la phase de polissage qui va durer plusieurs heures et qui nous fatigue le dos et les bras. Toutes ces étapes de façonnage doivent se faire dans un rayon de 5 kilomètres autour de la minière car on ne pas trop s’en éloigner avec de tels blocs.

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On a déjà creusé des milliers de puits de mines depuis 600 ans que la minière existe. Et pour creuser ces puits, il nous faut beaucoup de pics en bois de cerf et de pelles en omoplates car on va chercher le silex entre 8 à 10 mètres de profondeur avant de partir de tous les cotés en galerie. Vous vous doutez bien que c’est dangereux mais c’est aussi un bon moyen de profiter des échanges qui sont organisés entre villages.

Ce savoir faire vous est-il utile pour construire vos allées sépulcrales ?

Oui, car pour commencer, il faut creuser des tranchées pour y implanter l’allée couverte qui est à demi enterrée dans le sol. Pour une allée de 12 mètres de long, il va falloir faire une tranchée de 18 mètres en tenant compte de l’angle de 45° des parois. Quant à la largeur, pour 4 mètres, il faudra creuser sur 8 mètres. Au final, on aura donc creusé quelques 180 M3 de terre !

Avec nos outils, on déplace un volume journalier de 1 M3 par personne, il faut donc près de 200 jours de travail, rien que pour creuser cette tranchée. Pour nous, ça nous a pris 10 jours mais c’est vrai que tout le village s’y était mis.

L’étape suivante a consisté à débiter les blocs de pierre à l’aide de nos pics en bois de cerf avant de les façonner par piquetage et bouchardage. Pour les tracter depuis le flanc de la vallée, on a fait rouler des troncs de chêne sur deux rails en bois et pour les installer dans la tranchée, on a utilisé des cordes végétales et des troncs pour faire levier.

Guerrier néo final

Mais avec toutes ces activités, il vous reste quand même du temps pour vos loisirs ?

Il est vrai qu’entre nos activités agricoles, nos animaux, les chasses, la préparation de nos silex, l’entretien de nos bâtiments et toutes les autres activités artisanales, les temps de loisirs sont réduits. Mais on arrive quand même à fêter ensemble chaque nouvelle lune autour d’un bon banquet. C’est grâce à ces moments qu’on maintien la cohésion du groupe et qu’on peut échanger sur les projets pour la communauté.

Mais, n’allez pas croire que tout va toujours bien. Il y a aussi souvent des conflits nés de jalousies entre nous. On s’en remet donc à notre chef pour dire la loi, sauf quand ça se passe avec un autre village et là, c’est l’autorité du village-mère qui peut arbitrer.

Bon, assez parlé, il faut que je retourne voir mes animaux…

 

Les illustrations sont tirées de cette excellente bande dessinée d’André Houot :

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